Vous êtes ici > Home / Success stories / Les femmes dans le monde tech – Hackathon Bruxelles Formation

SUCCES STORIES

Les femmes en tech de Bruxelles Formation

Bruxelles Formation et le CIRB se réunissent à nouveau pour le hackathon Smart City IoT, l’occasion pour nous de rencontrer Leila et Astrid (en formation JAVA) ainsi que Sandrine (en formation application mobile), trois femmes ultra motivées qui s’apprêtent à se challenger avec 14 autres stagiaires pendant 3 jours sur les thèmes de la pollution, du son et du mouvement. Elles nous expliquent leurs parcours professionnels, ce qui les a poussées à suivre le programme de Bruxelles Formation et les projets qui les attendent au terme de leur formation de 7 mois. Une manière de voir que le monde du code est ouvert à tout type de profil !

 

  1. Expliquez-nous votre parcours professionnel.

 

Leila : À la base, je suis professeur de langues, j’ai eu mon diplôme il y a dix ans. Puis, j’ai aussi une formation très technique puisque j’ai travaillé cinq ans du côté de l’aviation, grâce à ma maîtrise des langues. J’ai fait mon service militaire et j’ai travaillé dans le contrôle aérien. Je suis restée un peu dans l’enseignement, mais je trouvais ça trop vieillot, trop hiérarchisé, trop politisé. Il y a beaucoup de chouettes initiatives dans le domaine, mais je trouve que c’est encore trop cadré que pour pouvoir permettre aux initiatives de devenir efficaces et je trouvais que l’informatique c’était un bon moyen de faire autre chose, hors du cadre. J’ai entre autres pour projet de rendre l’éducation accessible à un plus grand nombre, par exemple à ceux qui ne parlent pas bien le français, à ceux qui ont des troubles de l’attention, etc. Je pense aussi un jour ouvrir ma propre école secondaire (privée ?) pour les élèves qui veulent passer leur diplôme via je jury central en toute autonomie. Qui sait !

 

Sandrine : J’ai un parcours juridique. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire en secondaire donc comme mes copains allaient faire du droit, j’ai fait du droit, ce que je n’aurais pas dû faire parce que j’ai détesté ça. J’ai fait un master complémentaire en droit des technologies parce que je ne voulais pas travailler tout de suite et parce que j’aimais bien le droit d’Internet, malgré le fait que je n’aimais pas le droit. Ce master complémentaire était en lien avec un Centre de recherche à Namur qui cherchait un juriste pour travailler avec eux et j’ai donc travaillé pour eux sur tout ce qui est vie privée sur Internet. J’ai switché sur tout ce qui est téléchargement illégal et j’ai fait ça pendant 6 ans. Puis, je me suis dit que ce qui me bottait là-dedans, ce n’était pas vraiment le droit, mais plutôt les nouvelles technologies et donc je me suis décidée à arrêter le droit. J’ai pris des cours sur openclassrooms.com puis j’ai commencé avec la formation « Initiation à la Programmation » mise en place par Bruxelles Formation.

 

Astrid : Alors moi je suis la seule qui n’ai pas vraiment travaillé. Sauf que je travaille 24h/24 en tant que mère !

En fait j’ai toujours été dans l’informatique, j’ai toujours aimé l’informatique et je ne l’ai jamais quittée. C’était un hasard parce qu’au début au Cameroun, je voulais faire des mathématiques, mais en 2007, quand les ordinateurs sont arrivés dans mon établissement, je me rappelle m’être dit : « Mais c’est quoi ce truc ? », mais depuis j’ai aimé.

J’ai donc commencé mon bachelier en informatique en 2012. J’ai dû arrêter en 2014 parce qu’il fallait que je m’occupe de mon fils, j’ai donc fait des cours de langues en journée et le soir je le récupérais. J’ai fait du néerlandais et de l’anglais parce que je comptais reprendre l’informatique, mais mon anglais n’était pas assez bon. Aujourd’hui, je suis en bachelier en informatique à l’EPHEC et je termine ma formation ici à Bruxelles Formation.

 

  1. Quel a été le déclic pour vous lancer véritablement ?

 

A : Quand j’ai recommencé mon bachelier en 2016, le décret Marcourt a fait que des cours ont été ajoutés et je n’ai pas réussi à avoir certaines dispenses donc je suis revenue en première année. Je ne voulais pas travailler dans quatre ans donc j’ai décidé de faire un choix stratégique et de faire une formation en même temps que mon bachelier.

 

L : J’ai fait un peu comme Sandrine et j’ai été fouillé sur le site openclassrooms.com pour me donner une idée, mais je me demandais si j’en allais être capable. Mon copain m’a aussi conseillée. J’ai donc cherché une formation très courte pour me tester. Après la formation « Initiation à la Programmation », je me suis rendu compte que j’adorais ça, de chercher pour coder quelque chose qu’on a en tête… ça ouvre un monde de possibilités. Une fois que j’ai goûté au code, je ne pouvais pas revenir en arrière.

 

S : J’avais besoin d’un job avec lequel je pouvais travailler dans plein de domaines différents avec une compétence. Je voulais travailler avec quelque chose de vraiment plus visuel, avec plus d’interactions avec l’utilisateur, c’est aussi pour ça que j’ai pris la formation application mobile.

 

  1. Mis à part ce que vous faites durant votre formation, vous avez l’air d’être super intéressées par les technologies.

 

Astrid : Tu tapes « JAVA » dans la barre de recherche YouTube sur mon ordinateur et tu vas voir toutes les vidéos que je regarde !

 

Leila : Je ne regarde pas tout ce qui est smartphone mais j’aime beaucoup tout ce qui est lié à l’Intelligence Artificielle et à l’enseignement.

 

Sandrine : Moi, ça va être plus les jeux vidéo !

 

  1. Il est vrai que les questions posées aux femmes développeuses telles que « Qu’est-ce que cela fait d’être une femme dans un monde d’hommes ? » reviennent souvent et peuvent sembler obsolètes aujourd’hui. Mais d’un point de vue sociétal, certaines études affirment que les femmes développent des aptitudes différentes de celles des hommes dans leur manière de travailler. Qu’en pensez-vous ?

 

S : D’un côté, c’est vrai que dans ma manière de faire mon code, de le structurer, je suis plus claire. Mais c’est peut-être aussi à cause de ma formation de juriste. Le monde change et c’est ça qui est chouette. Maintenant, les potentialités pour tout le monde, peu importe son sexe, sont ouvertes. Je sais qu’on nous met beaucoup dans un cadre : les femmes sont plus littéraires et les hommes sont beaucoup plus mathématiques et donc moi pendant des années, j’ai intégré ça et c’est pour ça que j’ai fait des études de droit, parce qu’il n’y avait pas de mathématiques, pas de statistiques. Finalement, j’ai remarqué que je n’étais pas mauvaise en logique du tout.

 

L : Les hommes ici sont ouverts d’esprit, du moment que tu sais coder, pour eux, tu fais partie du groupe. Moi aussi ma formation de prof m’a apprise à être très structurée. Mais j’ai connu des hommes ici qui étaient très organisés, si pas plus organisés que moi. Notre professeur ici est très pointilleux, il aime bien les choses propres et le code « élégant ». Je pense que c’est plus le background qui fait ça. Et puis quand tu parles des stéréotypes sur les femmes, je ne me jamais suis laissé faire par ce genre de clichés et j’ai encore du mal à imaginer que c’est encore concevable. Mais c’est sûrement mon parcours qui me fait dire ça.

 

A : Déjà, je suis bien d’accord que c’est un monde où il y a peu de femmes développeuses mais je ne me sens pas du tout dans un monde de mecs. Mais ce qui est vrai, c’est qu’au lycée, j’ai aussi eu du mal quand je disais que je faisais des mathématiques.

 

  1. Quelques mots pour décrire votre Formation chez Bruxelles Formation ?

 

Astrid : Intense, approfondi, court, complet.

 

Leila : À jour, professionnalisant, dynamique.

 

Sandrine : Intense, riche, rencontres.

 

 

  1. Quel(s) projet(s) pour le futur ?

 

Leila : J’ai décroché un contrat avec une boîte qui s’appelle Centran et dans laquelle je vais pouvoir faire du consulting et gérer des projets de la conception de base avec le client, jusqu’au code pour concrétiser ce qu’il souhaite. C’est vraiment l’idéal pour commencer ! A travers ça, le but c’est aussi de bénéficier de toute cette expertise qui sera autour de moi. Dans un futur proche, j’aimerais aussi faire des applications scolaires que je diffuserai dans mon réseau de professeurs et des associations extrascolaires, comme TADA, où j’ai été bénévole. Ensuite, j’aimerais ouvrir mon école secondaire. Je voudrais aussi m’inscrire dans le réseau d’écoles libres et indépendantes, l’EUDEC, et je veux voir comment ce genre d’écoles fonctionne.

 

Sandrine : J’aimerais trouver un job dans le milieu du code. D’un autre côté, ce qui m’a toujours manqué pendant mes études et dans mon travail à Namur, c’est de faire du travail qui a du sens, qui sert à quelque chose, de me lever le matin et de me dire que je ne vais pas faire perdre de l’argent à la société sans rien lui apporter en retour. J’ai besoin de travailler dans quelque chose qui a du sens pour moi, dans le développement durable par exemple. Idéalement, j’aimerais ne plus faire de droit.

 

Astrid : Là, j’ai signé un contrat FPI avec BUSI. Mais au niveau de l’informatique, j’aimerais maîtriser davantage les langages. J’aimerais aussi être full stack (ndlr : le « développeur à tout faire »). Une fois que c’est fait, j’ai un ami qui travaille ici et au Cameroun et dès que j’ai les compétences nécessaires, je voudrais voir si je peux m’associer avec lui et développer en Belgique et là-bas.

 

  1. Vous aimeriez continuer à développer vos compétences ?

 

Astrid : Oui, il faut encore minimum trois ans pour se perfectionner. Il faut se mettre à jour.

Sandrine : Et il faut beaucoup pratiquer. Effectivement, j’ai appris Android et Apple pour le natif (c’est-à-dire, quand tu développes une application spécifique pour tel ou tel type d’appareil), mais il y a plein d’autres manières de développer des applications et donc c’est intéressant de développer tes compétences pour ton employeur, pour toi aussi et pour pouvoir communiquer avec d’autres développeurs.

 

Leila : C’est vrai qu’intégrer ce nouveau profil technique et de faire en sorte de pouvoir correctement communiquer avec d’autres développeurs, ça demande une solide culture générale. Il faut donc se mettre à jour constamment. Heureusement, ça fait partie de ce que nous avons appris lors de cette formation intensive de six mois : continuer seuls une fois l’aventure en groupe terminée.